☀️Série d’été – la météo des Affaires – Episode 5 : La solidarité des gens de mer : pourquoi votre écosystème et votre réseau sauvent votre entreprise en cas d’avarie🌊

« En mer, on est concurrents sur la ligne de départ, mais confrères dès que le vent monte. » Adage maritime.

En course au large comme dans le monde des affaires, le dirigeant s’imagine parfois seul face aux éléments. Pourtant, lorsque survient l’avarie majeure — choc financier, rupture de chaîne d’approvisionnement, crise de gouvernance ou pivot stratégique sous tension —, c’est la qualité et la solidité du réseau bâti en amont qui déterminent si le navire coule ou s’il reprend sa route.

Quand l’avarie survient : la force des sauvetages et des alliances inattendues

Solidarité en mer : Jean Le Cam et Kevin Escoffier- Vendée Globe 2020-2021.

Kevin Escoffier a embarqué sur un semi-rigide de la Marine Nationale, après avoir quitté le bateau de Jean Le Cam sur le Vendée Globe.

Kevin Escoffier a embarqué sur un semi-rigide de la Marine Nationale, après avoir quitté le bateau de Jean Le Cam sur le Vendée Globe. |  MARINE NATIONALE.

Le 30 novembre 2020, au large du Cap de Bonne-Espérance, le bateau d’un skipper se brise en deux dans une mer démontée. En quelques minutes, l’embarcation coule. Immédiatement dérouté par la direction de course, Jean Le Cam, alors en pleine bataille pour les premières places, n’hésite pas une seconde.

Il dévie sa trajectoire pour organiser les recherches et secourir son confrère Kevin Escoffier. Quelques heures plus tard, la poignée de main entre les deux hommes sur le pont de Yes We Cam! faisait le tour du monde.

Reconfiguration en « live » du projet pour permettre aux rêves de Tour du Monde de se réaliser : Thomas Ruyant et Enda O’Coineen (Vendée Globe 2016)

L'arrivée de Enda O'Coineen aux Sables d'Olonne, dimanche

L’arrivée de Enda O’Coineen aux Sables d’Olonne, dimanche |  CHRISTOPHE FAVREAU/SOUFFLE DU NORD

Lors de son premier Vendée Globe en 2016, Thomas Ruyant (à bord de Le Souffle du Nord) subit un choc violent avec un OFNI au sud de la Nouvelle-Zélande. Son bateau est presque plié en deux, la coque ouverte. Par miracle et au prix d’un effort héroïque, il parvient à rallier le port de Bluff en Nouvelle-Zélande pour sauver son embarcation.

Au même moment, le skipper irlandais Enda O’Coineen (Kilcullen Team Ireland) démâte non loin de là et doit lui aussi abandonner.

Plutôt que d’en rester à deux échecs isolés, une solidarité extraordinaire se met en place entre les deux équipes : Unir les forces plutôt que subir : Enda O’Coineen rachète le voilier réparé de Thomas Ruyant.

Terminer l’aventure ensemble : Sous le nom combiné de Le Souffle du Nord / Team Ireland, l’Irlandais reprend la mer depuis la Nouvelle-Zélande pour achever le parcours hors-course jusqu’aux Sables d’Olonne.

Ce partenariat inédit a permis de transformer un double drame sportif en une formidable aventure humaine et partenariale, sauvant la dynamique des deux sponsors.

🌬️ Quelles leçons retenir pour l’entreprise ?

Une entreprise en crise ne se sauve presque jamais en autarcie. En cas de rupture brutale, vos confrères, partenaires financiers, conseils, et même certains concurrents peuvent devenir vos meilleurs alliés. Unir des moyens avec un confrère ou solliciter son écosystème n’est pas un aveu de faiblesse : c’est un acte d’intelligence stratégique.

Le mythe du « solitaire » : la puissance de l’équipe à terre (Shore Team)

On célèbre souvent le skipper seul à la barre dans la tempête. Mais derrière chaque navigateur en solitaire se trouve une équipe à terre hyper-connectée et réactive :

  • Les experts techniques : capables de diagnostiquer à distance une panne d’hydrogénérateur ou une fissure de safran et d’élaborer une solution de fortune en quelques heures.
  • Le routeur météo et les conseils stratégiques : qui apportent le recul indispensable quand le skipper est épuisé.
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Après une semaine d’incertitude suite à la découverte de dommages majeurs sur son IMOCA l’Occitane en Provence, Clarisse Crémer, en pleine réparation au cours de The Transat CIC. repartira repartira pas vers New York !

Lors des retours d’expérience (REX) de skippers comme Samantha Davies ou Clarisse Crémer, un constat revient systématiquement : la capacité à surmonter une casse matérielle majeure en mer repose à 80 % sur la préparation, l’écoute et la confiance mutuelle avec le pôle d’experts resté à terre.

🌬️ Quelles leçons retenir pour l’entreprise ?

Diriger une entreprise ou mener une opération de haut de bilan (M&A, transmission, restructuration) ressemble à une traversée en équipage.

Être entouré d’un pôle d’experts de confiance (conseils M&A, banquiers, avocats, experts-comptables, pairs) permet d’avoir le bon diagnostic et les bonnes décisions au bon moment.

Les trois piliers pour bâtir un écosystème résilient : bâtir la confiance, informer clairement, et développer la réciprocité


💬CONFIANCE

  • Nourrir son réseau en temps calme : on ne construit pas ses alliances le jour où la tempête se déclenche. La confiance se bâtit dans les moments de stabilité, là où les interactions sont sincères et sans pression. C’est durant ces périodes que l’on doit investir du temps et des efforts pour renforcer les liens, échanger des idées et se soutenir mutuellement, créant ainsi une fondation solide qui permettra à chacun de faire face aux défis futurs. Engager des conversations authentiques et partager des expériences personnelles renforce non seulement les relations, mais crée également un environnement propice à la collaboration et à l’entraide, essentiel dans les moments de crise.
  • C’est durant ces périodes propices que l’on peut établir des liens solides et durables, favoriser les échanges d’idées, et soutenir les autres dans leurs projets.
  • Cultiver ces relations en dehors des crises permet non seulement de renforcer sa propre résilience, mais également d’être en mesure d’offrir son aide lorsque des défis surviennent.

💬INFORMER CLAIREMENT

  • Jouer la transparence sur l’état du navire : masquer une avarie naissante empêche l’écosystème d’intervenir à temps, ce qui pourrait conduire à des conséquences plus graves, compromettant ainsi la sécurité et l’intégrité de la mission maritime.
  • Les skippers communiquent immédiatement le moindre dégât à leur équipe pour anticiper.

💬RECIPROCITE

  • Cultiver la réciprocité : la solidarité fonctionne parce que chacun sait qu’il aura, un jour ou l’autre, besoin de l’autre.

« On me demande souvent ce qui est le plus dur quand on barre seul au milieu de l’océan. Ce n’est ni le froid, ni la fatigue. C’est l’isolement face au doute. Le jour où mon bateau a subi une avarie critique, la première chose qui m’a remis en ordre de marche, c’est la voix de mon équipe au téléphone satellite et la certitude que, si les choses tournaient au pire, mes confrères sur l’eau feraient demi-tour pour moi »

inspirée des déclarations faites par des marins du Vendée Globe, notamment après l’incendie et le sauvetage de Kevin Escoffier par Jean Le Cam (avec le soutien d’autres marins comme Yannick Bestaven et Boris Herrmann) lors de l’édition 2020-2021.

⚓ Le point de vue du skipper

En tant que chef d’entreprise, c’est exactement la même chose. Vous pouvez être le seul maître à bord et porter la responsabilité finale des arbitrages, mais vous ne devez jamais être seul dans la tempête.

Entourez-vous d’un équipage d’exception à terre, car c’est lui qui vous fera traverser les océans.

Votre réseau, vos partenaires et vos conseils ne sont pas des coûts ou des figurants : ce sont vos lignes de vie. Pensez y avant qu’il ne soit trop tard !

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