Jean Le Cam: Leçons d’Entrepreneuriat du Vendée Globe

Jean Le Cam a annoncé qu’il ne serait pas au départ de la prochaine édition du Vendée Globes en 2028 .

“J’ai fait le bilan, et à un moment, je me suis dit que ça n’avait plus de sens »

Une décision que le marin de 66 ans a annoncé début juillet après avoir terminé la dixième édition à bord de son plan Raison à dérives « Tout Commence en Finistère-Armor-lux », mis à l’eau à l’automne 2023.


Une légende qui a participé à 6 éditions du Vendée Globes, avec un beau palmarès .

  • 2004-2005 : 2ème en 87 jours, 17 heures, 20 minutes et 8 secondes. Il s’agit de son meilleur classement.
  • 2008-2009 : Abandon suite au chavirage de son bateau près du cap Horn.
  • 2012-2013 : 5ème en 88 jours, 12 minutes et 58 secondes.
  • 2016-2017 : 6ème en 80 jours, 4 heures, 41 minutes et 54 secondes.
  • 2020-2021 : 4ème en 80 jours, 13 heures, 44 minutes et 55 secondes. Il a bénéficié d’une compensation de temps pour le sauvetage de Kevin Escoffier.
  • 2024-2025 : 20ème en 85 jours, 15 heures, 51 minutes et 2 secondes.

En participant à six éditions, il reste à date le co-recordman du nombre de participations à l’épreuve.

« Je me suis toujours battu pour essayer de rester dans des projets raisonnables, force est de constater que personne n’est dans cette mouvance. Avant, tu pouvais arriver un an avant et faire le Vendée Globe, là, tu es obligé de faire tout le programme, ça coûte une fortune.”

Quels enseignements faut-il en tirer en terme de stratégie et de pilotage d’entreprise ?

“Le règlement, c’est l’horreur, parce que je ne sais pas trouver des millions d’euros en n’étant pas sûr de me qualifier, poursuit-il. Être obligé de se qualifier quand tu as fait cinq Vendée Globe, non merci ! Le système ne me convient plus.“ source Tip & Shaft

  1. La reconnaissance et le storytelling ne suffisent pas toujours. Jean Le Cam est une légende, aimé du public. Mais les règles d’engagement et la logique de compétition priment.

Une belle réputation, un storytelling fort, un passé glorieux sont important mais ne suffisent pas toujours à poursuivre l’aventure. .

2. L’expérience ne suffit pas si le projet ne s’aligne pas avec les règles ou les moyens : l’expérience est un atout, mais elle ne garantit pas la réussite si le cadre (réglementaire, financier, stratégique) n’est pas favorable.

Jean Le Cam, malgré son immense expérience et son aura dans la voile, jette l’éponge essentiellement en raison de règles de qualification, de la compétition accrue pour les places disponibles, et des contraintes de sponsoring. Comme un entrepreneur expérimenté qui peut échouer à lancer un projet, si les conditions du marché, les financements ou les partenariats ne suivent pas


3. La compétition évolue et les codes changent. Même un marin emblématique peut se retrouver marginalisé face à cette évolution.

La flotte s’est fortement professionnalisée, avec des budgets considérables et des bateaux ultra-technologiques. Comme dans un projet entrepreneurial, les marchés se transforment vite (digitalisation, IA, nouvelles réglementations, nouveaux entrants). Un entrepreneur doit sans cesse adapter son modèle et ses outils pour ne pas être dépassé par des acteurs mieux armés technologiquement ou financièrement.


4. Choisir ses batailles et réinventer son rôle et ses terrains de jeu. Même s’il ne prendra pas le départ, Jean Le Cam reste une figure qui va surement rebondir sur d’autres terrains car la mer et la voile restent sa passion. Il a de plus de vraies capacités pour transmettre, former, accompagner d’autres marins, comme il l’a déjà prouvé lors de sa 6ième participation (Benjamin Ferré, Sebastien Simon et Violette dorange entre autres).

D’ailleurs, la réussite n’est pas toujours de « tenir la barre » soi-même, mais aussi de faire grandir les autres. Un entrepreneur peut décider de ne pas « faire la course en solo » et devenir mentor, investisseur, ou développer des projets annexes.

5. La gestion du capital humain, financier et technologique est cruciale pour pouvoir « prendre le départ ». Sans sponsors solides et budgets conséquents, il devient difficile d’être sélectionné et compétitif.

même les meilleures idées restent au port sans allocation optimales des ressources et sans financement (investisseurs, clients, trésorerie), .




C’est une belle leçon pour les entrepreneurs. Un entrepreneur peut avoir déjà traversé des tempêtes, mais se retrouver bloqué s’il n’a pas les financements nécessaires, s’il ne s’adapte pas aux nouvelles règles du marché, ou si ses concurrents disposent d’armes technologiques plus affûtées.

Le cas de Jean Le Cam nous rappelle que l’aventure entrepreneuriale n’est pas seulement une question de talent individuel ou d’expérience, mais aussi de règles du jeu, de financement, d’évolution des marchés et de capacité à se réinventer.

Comme en mer, il ne suffit pas d’avoir du courage et du talent. Il faut aussi :

• Le bon bateau → les bons outils, process et technologies.
• Les bons sponsors → des clients fidèles, des partenaires solides, des investisseurs.
• Un cap clair → une stratégie adaptée aux nouvelles conditions.

Comme dans le Vendée Globe, partir nécessite un bateau adapté, un sponsor solide, un mental fort, et surtout l’acceptation que parfois, la meilleure décision est de choisir une autre course ou un autre rôle.

Jean Le Cam nous rappelle que l’entrepreneuriat est une aventure humaine avant tout. Et que la réussite ne se mesure pas seulement à « être en course », mais aussi à la manière dont on laisse une trace, on change de tactique ou de challenges et dont on aide aussi les autres à réaliser les projets dont ils rêvent !

Et parfois, la plus grande sagesse n’est pas de prendre le départ coûte que coûte .

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